La gâche électrique se pose dans le dormant d'une porte déjà équipée d'une serrure : elle libère le pêne au moment de l'ouverture. La ventouse magnétique est un électro-aimant fixé en linteau qui plaque la porte contre son cadre, sans serrure ni pièce mobile. La gâche convient aux portes à serrure et aux budgets contenus, la ventouse aux portes vitrées, aux issues de secours et aux passages très fréquentés.
C'est la question qui arrive juste après le choix du lecteur de badge. Une fois décidé qui a le droit d'ouvrir, il reste à décider ce qui tient la porte fermée. Deux familles se partagent le sujet, la gâche électrique et la ventouse magnétique, et elles ne se valent pas selon le type de porte, la fréquentation du passage et le rôle de l'issue en cas d'incendie.
La gâche travaille avec la serrure existante, elle est discrète et économique. La ventouse ne dépend d'aucune serrure, elle encaisse les passages intensifs et s'impose sur les portes vitrées. Le vrai arbitrage se joue sur la porte, pas sur le produit.
Gâche électrique, ventouse magnétique : de quoi parle-t-on ?
Deux façons de tenir une porte fermée, et de la libérer sur commande.
La gâche électrique remplace la gâche mécanique encastrée dans le dormant, ce boîtier métallique dans lequel vient se loger le pêne de la serrure. Alimentée, elle escamote son téton et laisse le pêne sortir : la porte s'ouvre d'une simple poussée. La serrure reste en place et continue de fonctionner à la clé.
La ventouse magnétique, aussi appelée gâche électromagnétique, fonctionne sur un principe différent. Un électro-aimant fixé en linteau attire une contre-plaque métallique vissée sur le vantail. Tant que la bobine est alimentée, la porte est plaquée avec une force de traction qui se compte en kilos, de 150 kg pour un passage intérieur à 500 kg et plus pour une entrée exposée. Il n'y a ni pêne, ni serrure, ni pièce mécanique en mouvement.
Cette différence de principe a une conséquence directe sur le terrain : une gâche ne se pose que sur une porte qui possède déjà une serrure en état, une ventouse s'installe sur à peu près n'importe quelle porte, y compris entièrement vitrée.
Rupture ou émission : la différence qui compte pour la sécurité
C'est le point que l'on confond le plus souvent, et c'est celui qui engage la sécurité des personnes.
Une gâche électrique existe en deux versions, qui se comportent de façon opposée quand le courant disparaît.
- La gâche à émission de courant. Elle est verrouillée au repos et ne s'ouvre que lorsqu'elle reçoit une impulsion. Coupez l'alimentation, la porte reste fermée. C'est le fonctionnement classique d'une porte d'entrée d'immeuble ou d'un local à protéger.
- La gâche à rupture de courant. Elle est maintenue verrouillée par le courant et se libère dès qu'il est coupé. Coupez l'alimentation, la porte s'ouvre. C'est le fonctionnement imposé sur les issues qui doivent se déverrouiller automatiquement en cas de coupure ou d'alarme incendie.
La ventouse magnétique, elle, fonctionne toujours par rupture : elle a besoin d'être alimentée pour tenir. Coupez le courant, la porte se libère. C'est précisément ce qui la rend adaptée aux circulations soumises à l'évacuation, et inadaptée seule à un local que l'on veut garder fermé en cas de panne.
Le mode de fonctionnement se décide avant la marque et avant le prix. Une gâche à émission sur une issue de secours, c'est une non-conformité. Une ventouse sur un local sensible sans alimentation secourue, c'est une porte qui s'ouvre à la première coupure. On regarde d'abord à quoi sert la porte.— Mathieu Prade, fondateur de Connexit
Quand choisir la gâche électrique ?
Elle s'impose dès que la porte possède déjà une serrure sérieuse.
La gâche est la solution la plus discrète et la plus économique quand la menuiserie s'y prête.
- Une porte pleine équipée d'une serrure en bon état. Bois, métal ou PVC avec un dormant usinable : la gâche remplace la pièce existante et rien ne se voit de l'extérieur.
- Un budget contenu sur plusieurs portes. À nombre de passages égal, équiper cinq portes de gâches coûte sensiblement moins cher que cinq ventouses avec leurs alimentations.
- Une porte qui doit rester fermée en cas de coupure. Local technique, réserve, archives : la version à émission garde la porte close, courant ou pas.
- Une consommation à limiter. Une gâche à émission ne consomme qu'au moment de l'ouverture, là où une ventouse tire du courant en continu.
Si la porte a déjà une serrure fiable et que le passage reste modéré, la gâche fait le travail pour un coût et une consommation inférieurs. Vérifiez simplement que le dormant accepte l'usinage.
Quand choisir la ventouse magnétique ?
Elle prend le dessus dès que la porte n'a pas de serrure exploitable ou que le passage est intensif.
- Une porte entièrement vitrée. Sans dormant à usiner, la gâche n'a pas de logement. La ventouse se fixe en applique sur le cadre, avec des équerres adaptées au verre.
- Un passage très fréquenté. Hall d'accueil, couloir de bureaux, entrée de personnel : sans pièce mécanique en mouvement, la ventouse ne s'use pas au rythme des ouvertures.
- Une issue qui doit se libérer en cas d'alarme. Le déverrouillage par coupure est natif, il se raccorde naturellement au système de sécurité incendie.
- Une porte qui ferme mal. Là où un pêne finit par frotter ou se décaler, la ventouse plaque le vantail sans exiger un alignement parfait.
Votre porte, c'est plutôt laquelle ?
Sélectionnez votre cas pour voir la solution la plus adaptée.
Sur une porte pleine dont la serrure tient encore, la gâche électrique à émission est le choix le plus simple et le plus économique. Rien ne se voit, et la porte reste fermée en cas de coupure.
Contrôle d'accès entreprise →Une porte tout verre n'offre aucun logement de gâche. On part sur une ventouse magnétique en applique, avec l'équerre adaptée au vantail et une alimentation secourue.
Lecteur de badge et organes de porte →Sur une issue de secours, le déverrouillage doit être automatique dès la coupure ou l'alarme : ventouse, ou gâche à rupture, raccordée au système de sécurité incendie et doublée d'un déclencheur manuel.
Faire vérifier mes issues →En extérieur, la contrainte vient des intempéries et de l'effraction : ventouse forte traction ou gâche renforcée, en version étanche, avec une alimentation protégée.
Sécuriser un accès extérieur →Issues de secours : ce que la réglementation impose
C'est le point où le choix technique cesse d'être une préférence.
Dès qu'une porte participe à l'évacuation d'un établissement recevant du public ou de travailleurs, elle doit pouvoir s'ouvrir depuis l'intérieur sans clé, sans code et sans outil, et se déverrouiller automatiquement en cas de coupure d'alimentation ou de déclenchement de l'alarme incendie. Une gâche à émission, qui reste verrouillée sans courant, ne peut donc pas y être installée seule.
En pratique, l'équipement d'une issue combine trois éléments : un organe à rupture, ventouse ou gâche, un déclencheur manuel vert à proximité immédiate, et un raccordement à la centrale incendie pour libérer l'ensemble des portes concernées. C'est aussi ce qui explique le prix d'une porte d'évacuation correctement équipée : ce n'est pas la ventouse qui coûte, c'est le câblage, la centrale et l'alimentation secourue.
Faites le tour de vos issues et posez trois questions : la porte s'ouvre-t-elle sans clé de l'intérieur, se déverrouille-t-elle si l'on coupe le courant, et existe-t-il un déclencheur manuel à côté. Trois non, c'est un sujet à traiter avant le prochain passage de la commission.
Le comparatif synthétique, gâche face à ventouse.
| Critère | Gâche électrique | Ventouse magnétique |
|---|---|---|
| Porte concernée | Porte à serrure, dormant usinable | Toute porte, y compris tout verre |
| Pose | Usinage du dormant | En applique sous le linteau |
| Sans courant | Reste fermée en version à émission | Se libère toujours |
| Passage intensif | Pièces mobiles qui s'usent | Aucune pièce en mouvement |
| Consommation | Ponctuelle à l'ouverture | Permanente tant que la porte est tenue |
| Issue de secours | Seulement en version à rupture | Adaptée par principe |
Gâche ou ventouse : la grille de choix porte par porte (PDF)
Les six points à vérifier sur chaque accès avant de commander, dont les trois questions qui décident du mode à rupture ou à émission.
L'essentiel à retenir pour vos portes
Aucune des deux solutions n'est supérieure à l'autre. La gâche électrique s'appuie sur une serrure existante, coûte moins cher et ne consomme qu'à l'ouverture. La ventouse magnétique s'affranchit de la serrure, encaisse les passages intensifs et se libère nativement en cas de coupure. Sur un même bâtiment, on utilise couramment les deux : gâches sur les portes de bureaux, ventouses sur les accès vitrés et les circulations d'évacuation.
Partez de la porte et de son rôle : sa menuiserie décide de ce qui est posable, sa fonction décide du mode. Gâche à émission pour un local à garder fermé, rupture ou ventouse pour tout ce qui participe à l'évacuation.
Pour aller plus loin, ces solutions Connexit traitent l'accès de bout en bout.
Contrôle d'accès entreprise
Du lecteur à l'organe de porte, la gestion complète de vos accès à Lyon et dans le Rhône.
Voir la solution →Lecteur de badge entreprise
Qui ouvre, quand, et avec quelle traçabilité : le choix du lecteur avant celui de la porte.
Voir la solution →Interphonie et vidéophonie
Filtrer les entrées avant de les ouvrir, en immeuble comme en entreprise.
Découvrir →Faites équiper vos portes par une équipe qui les voit avant de chiffrer
Un technicien Connexit passe sur site, relève chaque accès, son type de menuiserie et son rôle en évacuation, puis vous remet une préconisation porte par porte.

